Club Hifi présente depuis plusieurs années une panoplie d’enceintes à réputation élogieuse telles que PROAC , SONUS FABER, ou BOWERS & WILKINS. Club Hifi a récemment étendu sa gamme avec la marque WILSON AUDIO que l’on peut écouter dans leurs salles sur des électroniques NAIM, McIntosh, ou AudioResearch.

WILSON AUDIO intègre un ensemble de modèles, de la monumentale XLF à la Sabrina, la plus petite. Au demeurant et pour mémoire était présentée à l’occasion du salon Club hifi la grande sœur de la Sabrina j’ai nommé YVETTE, dernière née de la marque.

Club Hifi m’a très gentiment permis de tester les SABRINA, et les en remercie encore.

Wilson Audio Sabrina Naim 300

Conditions du test dans une pièce de 20 m2

  • AMPLI NAIM 300 DR
  • PRE AMPLI NAIM 252 DR
  • SOURCE : Musique dématérialisée, DAC MEITNER MA1, 
  • Câblage KHARMA

De prime abord l’esthétique de la Sabrina est réussi. Son gabarit permet de se fondre dans de petits espaces, et ses qualités techniques sont parfaitement aptes à être utilisées dans un salon de taille respectable (30, 40 m2). Enfin, il est bon de noter que WILSON AUDIO les proposent dans différents coloris venant ainsi se fondre dans la déco de votre maison. 

Après un attentif positionnement des enceintes, les électroniques étant chaudes et déjà rodées, les écoutes peuvent commencer.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des milliers d’heures d’écoute pour se rendre compte du fantastique potentiel des  SABRINA. Comparé à bon nombre de systèmes, même très onéreux, les SABRINA offrent dès le début une incroyable sensation d’espace et vous transportent dans  un univers musical jusqu’alors rarement atteint: une image tridimensionnelle, avec une profondeur de scène incroyable, cette sensation d’être au cœur de la scène. Non seulement on écoute, mais en plus on regarde.

Il en est ainsi par exemple de la piste 1 de l’album de Pink Floyd The Division Bell, où la guitare se détache parfaitement sur le plan avant gauche, répondant au piano à l’arrière-droite de l’enceinte le tout avec une aisance qui laisse perplexe. Vous pensiez connaître par cœur vos albums ? Les Sabrina vont très subtilement vous prouver le contraire. Elles ont ce pouvoir magique de tout restituer et chose importante, sans aucun artifice. 

Pink Floyd

Au passage, cette sensation d’espace entre les instruments est la « marque de fabrique » des électroniques à lampes les plus prestigieuses, tel AUDIO RESEARCH

Ces détails font tout le charme des écoutes. Rien n’échappe aux Sabrina. Leur petite taille apte à s’intégrer dans de petites salles d’écoute offre un grave tendu et véritablement abyssal et un médium de toute beauté. Il n’y a rien à dire non plus sur le haut du spectre, l’aigu n’offrant aucun effet stridant, aucun effet de sifflante si l’enregistrement est de bonne facture.

Sur des cds de musique classique, les SABRINA ont une capacité redoutable pour restituer du piano, instrument bien connu pour sa complexité à restituer toutes ses fréquences. Il suffit pour s’en convaincre de passer l’album de Claudio ARRAU, les Nocturnes de Chopin, piste 1.


Elles sont Parfaitement aptes à restituer la grandeur d’un orchestre symphonique tout en aisance, avec une séparation des plans phénoménale. Aucun effet de contraction ne vient entacher les écoutes. Par exemple,  JJ Jarre utilise des effets de console  sur l’album Oxygene qui présentent une vision tridimensionnelle, en piste 5 : Après 5mn20 de ce titre, un synthé vient à votre rencontre, sur la gauche, pendant qu’un synthé joue sur le plan arrière. Les Sabrina ne restituent pas de plan avant de manière irréelle, mais uniquement si l’album contient ce genre d’effets.


Les Sabrina ont également une autre faculté, celle de dynamiser la musique, la rendre vivante. Leur délié est tel que tout s’enchaine, se déchaine, sans aucune gêne. Les morceaux défilent avec fluidité. Par exemple sur le dernier Cd de Pascal Obispo « Billet de femmes » piste 2. L’orchestre accompagne le chanteur avec un rythme croissant, dans un tourbillon de détails, venant clore le morceau en restituant Parfaitement l’écho tout à la fin. Juste fantastique, car ce morceau est difficilement lisible à ce niveau sur d’autres systèmes.


En marge de cet essai m’a été donné l’occasion de les réécouter à Club Hifi avec une autre électronique choisie par Mathieu : un Mcintosh MC 275 à lampes, associé à un Mcintosh MA8000 faisant office de préampli. On a utilisé là encore le DAC MEITNER MA1.

Les mêmes caractéristiques détaillées précédemment réapparaissent de manière flagrante. La scène sonore s’est avérée encore plus ample, encore plus gracieuse, effaçant  comme par magie les enceintes, Lampes obligent. Ainsi sur le CD de la messe pour 2 orgues de Cesar Franck piste 5 « O salutaris Hostia » l’orgue est restitué avec une justesse incroyable, et les lampes restituent à merveille les choristes avec une beauté qui laisse place au rêve.

Sur le CD de Pink Floyd, The Division Bell, on a l’impression d’être dans une salle de spectacle.

Tout au plus pourrait -on reprocher à cette écoute associée aux Wilson, un petit manque de Punch, de matière, de consistance comparé à des amplis plus puissants. Les Wilson ont besoin afin de s’exprimer d’un ampli de bonne facture, de bons Watts sous le capot. Par exemple un ref 75 Se d’Audio Research, un 300 DR de Naim, un bon Mcintosh. Tout dépend après des goûts de l’auditeur selon la particularité des amplis cités.

Cette écoute permet de penser qu’un ensemble NAIM 300 DR et un excellent préampli à lampes d’Audio Research offrirait une scène sonore magique, avec une musicalité exceptionnelle.

En résumé, les SABRINA font découvrir un univers musical insoupçonné, d’une musicalité véritablement hors normes, un charme et une élégance dans l’écoute littéralement sidérants.

Enfin, elles mettent parfaitement en relief le potentiel des maillons du système.

Elles seront à n’en pas douter le choix de ceux et celles qui sont à la recherche d’un système d’exception avec un grand E, tout en restant dans une gamme de prix contenu si l’on s’en réfère à l’apport émotionnel qu’elles procurent et le plaisir de les écouter de très longues années. Une sorte de Graal si vous préférez. Chose plus étonnante : vous découvrirez des univers musicaux auxquels vous n’étiez pas nécessairement habitués ou intéressés.

Vous n’aurez qu’un seul problème si tant-est qu’il existe: le choix de la couleur.